23 août 2009

Claire Legendre : L'Écorchée vive - Grasset

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Il ne fait pas le moindre doute que cette lecture me laissera un souvenir marquant.

Ayant à peine terminé cette lecture, je me jette sur mon blog pour en parler...et je n'arrive pas à trouver les mots ! Ce billet risque donc d'être largement en dessous de ce que mérite pourtant Claire Legendre.

L'histoire elle même est assez simple : Barbara est une jolie jeune femme avec un travail tranquille, un compagnon amoureux et une vie sans histoires. Mais Barbara a un secret : elle est née défigurée et a trainé longtemps un visage de monstre avant de pouvoir bénéficier de la greffe de visage qui lui a donné son apparence actuelle. La petite fille et sa mère, très unies dans le même affliction, ont dû déployer beaucoup d'énergie pour essayer d'habituer les autres à regarder la figure meurtrie de l'enfant, et ont été contraintes d'affronter de multiples exclusions...Pourtant, la fillette, intelligente, va réussir à en faire sa force, et la source de son oeuvre d'art "Le cahier des défauts" , dans lequel elle dessine tous les défauts de ses modèles.

Cependant, malgré son apparente solidité, la plus grande angoisse de Barbara, c'est que ceux qui l'entourent apprennent la vérité, découvrent sa vie de mensonge et celle qu'elle était avant, qu'elle tient pour son "vrai moi", et la rejettent —exactement comme cela se produisait avec son ancien visage.

Un jour, Barbara reçoit un étrange courrier anonyme : on lui a envoyé une photo où elle apparaît enfant, âgée de 4 ou 5 ans, au milieu de ses camardes de classe ; a la place où devrait se trouver son visage, il y a juste un trou. Qui a envoyé cette photo à la jeune femme, et dans quel but ? Qui lui veut du mal ?

Hormis l'interprétation un peu trop facile qu'on peut faire du prénom de l'héroïne (Barbara/barbare), tout, dans ce roman qui tourne autour du thème de la construction de l'identité, est traité avec subtilité. Car l'identité, ce n'est pas que l'apparence. C'est la peau brute, la chair profonde, son interaction avec toute une intériorité et avec des mots. C'est aussi ce que l'on perçoit de soi-même dans l' autre. Et sur ce dernier élément, Barbara, le monstre, peut renvoyer beaucoup de choses ! Y compris à nous, lecteurs !

Pas de manichéisme (pas d'opposition simpliste du genre "celle-qui-a-l'air-d'un-monstre-et-qui-en-réalité-est-si-gentille" contre tous les "normaux-qui-en-réalité-sont-des-monstres-à-l'intérieur" !) dans ce livre, mais une réflexion fine sur la laideur humaine.

Pas non plus d'intrigue "policière" haletante, (ce n'est d'ailleurs pas du tout le propos) mais un vrai suspens et une fin que, personnellement, j'ai trouvé bouleversante mais très juste psychologiquement.

Claire Legendre maîtrise remarquablement son récit en mettant en parallèle le passé et le présent de son héroïne, les moments de tourments mais aussi de bonheur inhérents à l'enfance, les instants de revanche sur ce passé douloureux...Le portrait qu'elle dresse de Barbara est également très intelligent. J'ai aussi beaucoup apprécié le style d'écriture, dépouillé et presque froid, qui sert admirablement ce roman dérangeant et passionnant.

 

Le billet remarquable d'Ephémerveille, (bien meilleur que le mien !) qui m'a fait découvrir cette auteure que je vais suivre désormais.

09 décembre 2008

Jean-Louis Fournier : Histoires pour distraire ma psy - Ed. Anne Carrière

 

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Hum, hum, hum... Je me suis longtemps demandé comment j'allais parler de ce livre, car j'ai souvent été partagée entre agacement et tendresse pour son auteur...

La quatrième de couverture, rédigée par l'auteur lui-même (ah oui, Georges Flipo a donc raison !!), était fort alléchante :

"Votre psy pense à vous, mais vous, est-ce que vous pensez à elle ? Est-ce que vous vous mettez à sa place, à elle qui essaie de se mettre à la vôre ? essayez, pour une fois, de lui adoucir la tâche. Arrêtez de toujours vous plaindre, racontez-lui des histoires. Soyez léger, parfois drôle, au récit de vos angoisses ajoutez quelques facéties.

Soyez celui avec lequel elle ne s'ennuie jamais, celui qui a toujours des choses passionnantes à raconter, celui avec qui les séances sont récréatives et trop courtes.

Celui dont elle puisse se dire plus tard, avec nostalgie : "c'était un bon client..."

J'ai moi-même essayé de l'être, est-ce que j'ai réussi ?

Demandez à ma psy."

 

J'ai une immense sympathie pour Jean-Louis Fournier. D'abord parce qu'il est le créateur de la Vache Noiraude et d'Antivol l'oiseau au sol, 2 personnages dont je suis complètement fan. Mais aussi parce que j'ai lu et bien aimé ce livre-ci...

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...dont le contenu touchant, l'humanité, le ton dépourvu de pathos et l'humour —souvent noir, il est vrai— m'avait séduite.


De l'humour noir, certes on en retrouve dans ces "Histoires pour distraire ma psy". Mais cet "humour" , à mon avis extrêmement sombre, ne réussit pas à alléger la charge dépressive très lourde qui imprègne tous ces récits.

Toutes ces très courtes histoires très oniriques s'expriment comme des cauchemars et les symboles qu'elles véhiculent m'ont semblé bien trop transparents.(surtout quand on a lu "Où on va papa ?", de surcroit...).

Bref, je n'ai pas du tout trouvé dans ce livre ce que la 4ème de couverture me promettait. De la légèreté ? De la fausse, oui, peut-être. Moi, j'ai plutôt été frappée par la souffrance qui traverse tout l'ouvrage...

Heureusement, tout n'est pas complètement désespéré. Chaque chapitre s'ouvre sur une observation malicieuse de sa psy par le patient-narrateur, qui est souvent drôle. Et c'est sans doute ce qui m'a permis d'aller jusqu'au bout. En plus, j'ai aimé la progression du livre : le narrateur avance dans l'angoisse, mais à la fin, son voyage s'éclaire. Et le lecteur est aussi soulagé que lui !

Alors, faut-il le lire ?

Si vous n'êtes pas d'humeur fragile en ce moment...pourquoi pas ?

Si vous n'avez rien lu de Jean-Louis Fournier avant, ce n'est pas par celui-ci que je vous recommanderais de commencer...

 

24 août 2008

Yasmina Reza : Le dieu du carnage - Albin Michel

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Je suis une inconditionnelle de Yasmina Reza (tout au moins quand elle ne gâche pas son talent en prenant Sarkozy pour sujet...) 

 

Le point de départ de cette courte pièce de théâtre est très simple : lors d'une bagarre de cour d'école, un écolier a cassé 2 dents à son jeune adersaire. Les parents décident de régler le litige à l'amiable, entre gens matures et de bonne éducation. Et c'est ainsi que Michel et Véronique Houillié, les parents de la victime,  se retrouve à recevoir Annette et Alain Reille, les parents du "bourreau". Evidemment, l'explication civilisée va vite dégénérer pour tourner au jeu de massacre...

 

Présentation de l'éditeur :

"A l’école, Ferdinand attaque Bruno à coups de bâton. Les parents se rencontrent pour régler le litige dans l’appartement du blessé. Au tout début, urbains, bienveillants, conciliants, ils tentent de tenir un discours commun de tolérance et d’excuse qui s’envenime peu à peu. Entre Alain Reille, avocat sans scrupule qui répond sans cesse à son portable tout en défendant une vision du monde à la John Wayne, Véronique Houillé à la morale citoyenne qui écrit un livre sur le Darfour, son mari Michel qui vient d’abandonner le hamster de sa fille dans le caniveau et Annette Reille qui se met à vomir, c’est la débandade, le chacun pour soi, le conflit ouvert, la catastrophe qui s’annonce…

A partir d’un petit fait du quotidien chez des quadras bourgeois (l’univers de Art et de Trois versions de la vie), Yasmina Reza évoque avec jubilation, férocité et tendresse aussi tous les paradoxes de la condition humaine : l’égoïsme et la générosité, la responsabilité et l’indifférence, la politesse et la brutalité, le futile et le grave, tout le dérisoire des grandes déclarations qui s’effondrent à la moindre anicroche."

Malheureusement, aujourd'hui encore, je ne trouve toujours pas les mots pour faire une analyse intelligente et concise à la fois, de ce texte que j'ai dévoré réplique après réplique. Mais s'il y a une chose à laquelle je suis sensible dans l'écriture de Yasmina Reza, c'est bien sa dextérité à mettre en scène les non-dits et le jeu des apparences, jusqu'à l'explosion finale. 

 

Bref, j'ai passé un moment de lecture jubilatoire ! Dommage que cela n'ait pas été un peu plus long !

 

P.S. Je sais que la pièce a été montée récemment, mais je ne sais pas si elle se joue encore... 

 

L'avis d'Amanda, ICI 

15 juillet 2008

Georges Flipo : La Diablada - éd. Anne Carrière

 

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4ème de couverture:

"Une bonne nouvelle ne doit laisser aucune chance au lecteur. Il faut d'abord l'embobiner doucement, puis l'entraîner très vite, irrésistiblement, vers une chute qu'il guette sans pouvoir la deviner. Les nouvelles de Georges Flipo sont avant tout de belles histoires, brossées en petites touches rapides, acides ou tendres, avec un sens aigu du raccourci. Elles font voyager le lecteur dans d'autres continents, d'autres époques, ou simplement dans l'enfance, sans jamais lui laisser le temps de s'ennuyer. Parmi les douze nouvelles de cet ouvrage
" La diablada ". Un jeune touriste cède à l'appel de la diablada, la danse païenne des mineurs boliviens. " L'Avarice, attribution incertaine ". Un tableau aux origines obscures, vieux de quatre siècles, bouleverse la vie d'un couple d'enseignants. " Les banquets du Stalag XVIII E ". Deux cuisiniers vont offrir à leurs compagnons de stalag la plus belle des évasions. "
 

Au début, je l'avoue, je n'avais pas envie de lire ce livre (malgré de bonnes critiques lues un peu partout).

Je gardais un excellent souvenir du "Vertige des auteurs" et je craignais de ne pas résister à la tentation de faire des comparaisons idiotes ("hmmmm, ça se voit que c'était son premier essai, c'est moins abouti que son 2ème roman...") Et puis je trouve que la nouvelle est un art bien difficile à maîtriser : entre le texte trop court, qui fait pernser que l'auteur n'avait finalement pas tant de matière à écrire, et le texte trop long qui trahit parfois l'incapacité à mener un vrai roman à terme, l'équilibre est délicat à trouver. Souvent, je ne termine pas les recueils de nouvelles, car je m'y ennuie vite...

 

Heureusement, pour celui-ci, il n'en fut rien ! 

Pourtant, à chaque début d'histoire, je me disais "oh non, pas encore une histoire de...". Mais les chutes des récits me surprenaient (presque) toujours et me ravissaient à chaque fois ! Georges Flipo a du talent pour revisiter les traditions ! Et, en plus, il le fait avec un humour réjouissant.

 

La majorité des nouvelles m'a plu.

Je n'ai pas aimé "Les oiseaux n'aiment pas le sel" (beaucoup trop convenu), "Les Saintes-Larmes-de-la-Mer" (bon, c'est vrai, les histoires de marin m'ont toujours assomée...), "Sur la vieille montagne" (désolée, je n'y ai pas trouvé le moindre intérêt...)

Par contre, j'ai adoré "La Diablada" (qui distille subtilement l'angoisse et le doute) et surtout " Le parfum des profondeurs", qui est sans conteste ma nouvelle préférée en raison de sa finesse psychologique et de sa pointe de cruauté.

Mention particulière également pour "Stalag XVIII E", conté avec pudeur et une juste émotion (et qui me touche tout spécialement pour des raisons personnelles...) 

Bon, allez, à mon tour de faire ma fayotte : Georges, si vous passez par ici...Encore !!! 

 

 

 

23 juin 2008

Gabrielle Wittkop - Le Nécrophile -Ed. La Musardine

 

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Attention, livre destiné à un public très averti !!!

 

 Notice prise sur Amazon :

"En 1972, à la Bibliothèque noire de Régine Deforges, Le Nécrophile paraissait dans la presque totale indifférence. Seuls quelques journalistes remarquèrent l'incroyable, l'élégant et le très immoral objet littéraire qui venait de surgir. Un homme exhume des cadavres fraîchement mis en terre, et les aime physiquement, moralement, spirituellement, jusqu'à ce que leur état de décomposition trop avancé fasse qu'il ne puisse plus les garder. Rien ne nous est épargné dans ses amours qui entre toutes les anomalies humaines sont celles sans doute suscitant la plus grande horreur. "La nécrophilie n'est ni tolérée des gouvernements ni approuvée des jeunesses contestataires." Le vivant résiste au mort tant qu'il peut, il ne s'accouple point à lui. Gabrielle Wittkop nous entraîne au contraire dans cet infernal ballet amoureux, nous projette contre la peau satinée des morts parmi les effluves de fleurs fanées, de bombyx, de cierge et d'encens. Il y a comme une prière, une quête de pureté dans cette descente aux enfers. La mort fascine le vif. Le nécrophile la poursuit en chancelant, dévoré intérieurement par sa passion jusqu'à ce que la déraison l'emporte. Écrit "à la mémoire de C.D., tombé dans la mort comme Narcisse dans son image", le texte de Wittkop connut un destin particulier : deux fois réédité, ses stocks soldés s'évaporèrent à chaque fois. Étrange pour un livre montrant ce que nous ne saurions voir : l'autre image, combien terrible, de cet être que nous rejetons et que nous fûmes peut-être ! --Stelio Paris "

 

Et beaucoup d'entre vous vont penser ici "mais qu'est-ce qu'il lui a pris, à Turquoise, de lire des horreurs pareillles ?!"

 

Hé bien, je n'en sais rien ! En fait, je trainassais à la bibliothèque, n'ayant d'appétit pour aucun des titres que je croisais sur les rayons...Tout me semblait ennuyeux ou déjà lu. Et ce livre s'est imposé par hasard, alors que j'épluchais l'étagère des auteurs dont le nom commençait par W...

  

Sur un sujet hors norme, particulièrement scabreux et immoral, l'auteur réussit un roman stupéfiant. Un texte ciselé avec élégance et sans jamais céder à la vulgarité. Une chose est indéniable : Gabrielle Wittkop savait écrire avec énormément de talent !

 

J'ai beaucoup hésité à publier cette critique, en raison du caractère choquant du thème du livre. Je ne voulais pas donner dans le genre "voyez comme je suis une lectrice à l'esprit hardi qui n'a pas peur de s'attaquer aux plus grands tabous".

Et finalement, j'ai décidé de le faire car je crois qu'un écrivain, quand il est bon, peut parler de tout, même de l'innomable, et aussi parce que j'ai connu avec ce texte une expérience de lecture mémorable !

 

Maintenant, lirais-je autre chose de cette dame qui s'est visiblement consacrée à une littérature assez spéciale...C'est une autre histoire... 

 

16 juin 2008

Carlos Batista : Poulailler - Albin Michel

 

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4ème de couverture : 

" Mes poules me permettaient d'être cruel sans danger de représailles, je les traitais comme les adultes me traitaient, même si en les frappant je croyais aussi les sauver. " L'enfance est violence pour le fils d'immigrés. Seule échappatoire : le poulailler où il peut reproduire le comportement humain, loi du plus fort et art de la duperie. Mais jusqu'où se duper soi-même ? Fable féroce et décapante autant que roman sur l'origine et la condition des Portugais en France, Poulailler est le premier roman de Carlos Batista."

 

Carlos Batista est de toute évidence un véritable écrivain.

 

Un du genre cruel, impitoyable et écorché vif. Il écrit avec ses tripes et ne plaira pas à tout le monde, c'est certain. Pas de sentimentalisme dans son approche de la violence infligée à un enfant et des conséquences que cela aura sur sa vie d'homme. L'auteur est toujours très juste, et le récit, raconté avec un humour sauvage est souvent dérangeant.

 

Il se trouve que j'ai eu la surprise et le plaisir de rencontrer l'auteur (dans des circonstances que la discrétion professionnelle ne me permet pas de révèler). Il mérite vraiment d'être découvert. Si vous avez envie d'une lecture forte et sans complaisance, foncez !

 

Petit avertissement, cependant : amis des animaux, il y a quelques pages difficiles ! J'avoue que j'ai sauté certains passages que je trouvais plutôt insoutenables ! 

 

16 mai 2008

Chloé Ascencio : Bien trop petite - Editions du Rouergue

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  4ème de couverture :

"Tu ne t'en souviens pas, tu étais trop petite. Tes parents se sont séparés." De 1975 à l'année 2000, ce roman raconte avec beaucoup de réalisme la descente aux enfers d'une petite fille, enfant du divorce, ballottée injustement entre son père et sa mère, adultes inconséquents et dresse le portrait terrifiant d'une belle-mère égoïste et sadique. Rien n'est épargné à l'héroïne dont le jeune lecteur partagera l'intimité, les joies et les souffrances. "

 

Je ne sais pas si ce roman contient une part d'autobiographie, mais, en tous cas, c'est un récit qui ne laisse pas indifférent. Les manière de penser de l'enfance y sont fort bien décrites. J'ai bien aimé l'évolution de l'héroïne vis-à-vis de son (médiocre) père : d'abord petite fille en adoration qui accepte tous les compromis, même ceux qui lui sont défavorables, puis adolescente lucide mais encore protectrice, qui a si soif d'amour et de reconnaissance, jusqu'à la jeune femme adulte qui va enfin réussir à dire non et se séparer de ce parent maltraitant et immature.

Par contre, je n'ai pas bien compris l'intérêt de la technique narrative privilégiée par l'auteur, le livre étant écrit en entier à la deuxième personne du singulier. Ce "tu" omniprésent finit par agacer et ralentit inutilement la lecture.

Mais tant pis ! J'ai pris plaisir à suivre ce petit roman en principe destiné à un jeune public, et oui, je conseille sa lecture. 

16 décembre 2007

Sempé : Sentiments distinguées - Denoël

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Encore une MERVEILLE !!!

Que vous vous sentiez triste en cette période de Noël, ou débordé par des préparatifs de fête, allez respirer une bouffée de poésie et de drôlerie dans l'univers du cher Sempé.

 

Car, comme d'habitude, cet auteur génial nous livre un album délicieux, intelligent et rempli d'humour ! Bon, c'est vrai que, en ce qui le concerne, je ne suis jamais très objective...Hé oui, j'aime tout dans l'oeuvre de Sempé. Ses personnages humbles aux rêves grandioses, ses petits hommes chauves, vieillissants et sentimentaux, ses dames mûres avec des âmes de petites filles, ses enfants pas vraiment sages, ses écrivains plus ou moins médiocres mais pleins d'espoir malgré les exigences du marketing, ses snobs et ses intellectuels ridicules, ses psychanalystes à moitié dingues, ses fumeurs perplexes...

 

 Et il y a aussi, bien sûr, toute la finesse du trait de l'artiste ! Car Sempé est un artiste. Un vrai (j'ai lu récemment dans un article de magazine qui lui était consacré qu'il s'interrogeait sans arrêt à ce sujet, car le processus créatif n'est pas facile pour lui...Il devrait demander à ses lecteurs : nous, nous savons depuis longtemps qu'il est un GRAND artiste !)

 

Allez, pour finir, je vous décris une des pages que je préfère dans cet album, histoire de titiller un peu votre curiosité.  Sur le pas de la porte de leur entreprise familiale, nommée, en grosses lettres, "Etablissements Morin & Fils Frères", 2 chefs de service (peut-être les patrons ?) discutent. Et l'un dit à l'autre : "Tu n'as pas vu à la télé hier soir cette pièce anglaise ou grecque, je ne sais plus : le fils tue le roi qui est son père, couche avec sa mère et fait zigouiller son frère. J'ai dit à Marthe, à ce régime-là, ils ne vont pas tarder à faire faillite, ce qui n'a pas manqué de se produire."

 

Evidemment, c'est encore plus drôle avec l'image ! Alors...Foncez chez votre libraire ! Hop hop ! Ou bien inscrivez ce titre en rouge sur votre liste au Père Noël !

 

Gentils Visiteurs, je vous souhaite une bonne nuit et un bon lundi...avec tous mes "sentiments distingués", bien sûr !

 

Et à bientôt, pour un autre livre !

27 octobre 2007

Emmanuèle Bernheim : Vendredi soir - Gallimard

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Quatrième de couverture :
« Laure alluma l'autoradio. Elle respira profondément. Les portières étaient verrouillées. Elle ne risquait rien. Il faisait bien chaud. Elle écoutait de la musique.
C'était vendredi et elle allait dîner chez des amis.
Et demain, pour la première fois de sa vie, elle vivrait avec quelqu'un. »

J'ai toujours un peu de mal à parler des livres d'Emmanuèle Bernheim. Sans doute parce que ses histoires, d'une apparente simplicité, recèlent une myriade de sentiments assez difficiles à déméler...

Donc, une fois encore, l'auteur nous livre un moment de vie s'une transparence trompeuse :

Un jour de grève des transports, Laure accepte de prendre un inconnu à bord de sa voiture. Cette rencontre, au départ plutôt innocente, voire même un peu inquiétante, va se transformer en une nuit de passion inattendue. Mais Laure est à l'aube d'une nouvelle vie car elle va bientôt emménager avec un homme et commencer une vie de couple...

Les héroïnes d'Emmanuèle Bernheim se ressemblent beaucoup d'un livre à l'autre, ses intrigues sont toujours aussi minimalistes mais riches en sentiments ambigus. Et ça fonctionne touours bien pour la lectrice que je suis ! J'aime toujours autant son style d'écriture très dépouillé et cette façon de raconter une histoire "en creux", dans ce qui n'est pas dit.

19 octobre 2007

Blandine Le Callet : Une pièce montée - Le Livre de Poche

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En cette période où tous les media (oui, sans "s", je suis une puriste...) nous soûlent avec le divorce de Nicolas, j'ai trouvé amusant de parler aujourd'hui du livre de Blandine Le Callet, que j'avais emprunté à la petite bibliothèque de mon lieu de cure.

Dans ce roman, elle nous convie à un mariage dans la haute bourgeoisie, celui de Vincent et Bérengère. Cette journée exceptionnelle va être successivement racontée par différents protagonistes qui, chacun selon leur point de vue, vont dévoiler —parfois à leur corps défendant— les hypocrisies et les mesquineries de la vie de famille.

Chaque chapitre porte le prénom d'un des invités (oui, le procédé narratif n'est guère innovant et rappelle les romans d'un autre écrivain très présent dans la blogosphère, mais il demeure efficace !) et présente une typologie de personnages qui sonnent presque toujours justes et vrais : on rencontre ainsi une petite demoiselle d'honneur très intéressée par une autre petite fille "différente" qui assiste à la cérémonie, un curé déespéré qui doute de sa mission, un frère qui ne trouve pas sa place dans sa famille, une belle-soeur méprisée à tort, une mariée magnifique qui n'a cependant pas assez de générosité pour tolérer la présence d'une enfant trisomique à son mariage, un invité qui joue un jeu extrêmement cruel et méprisable avec les femmes qui ne sont pas jolies, une soeur trentenaire-et-toujours-pas-mariée, une grand-mère à fort caractère, etc...

Blandine Le Callet se livre à une dénonciation assez acide et réjouissante d'un milieu très bourgeois, et la psychologie des personnages est bien vue.

Dommage, cependant, qu'elle ait opté pour une conclusion aussi décevante, prévisible et dépourvue d'originalité qui affadit l'ensemble. Heureusement, l'écrivain a un joli brin de plume et raconte souvent avec humour, si bien que, même si ce livre n'est pas révolutionnaire, il demeure une lecture distrayante.

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