27 juillet 2008

Katarina Mazetti :Le mec de la tombe d'à côté - Ed. Gaïa

 

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En ce moment, je regarde avec délice sur M6 l'émission "L'Amour est dans le pré".

 

Tous les lundis, je suis pliée de rire devant cette éblouissante démonstration de tout ce qu'il faut faire pour NE PAS RENCONTRER quelqu'un en général — et l'âme soeur en particulier (qui, tout le monde le sait, est une espèce particulièrement difficile à capturer...)

 

Et c'est juste pour prolonger le plaisir et retrouver une histoire d'agriculteur cherchant l'amour que je m'étais plongée, l'année dernière (si,si, vous avez bien lu...) dans la lecture de ce roman. 

 

Car, en fait, je ne suis pas très cliente de ce genre de romance où deux personnes "qui n'auraient jamais dû se rencontrer vont apprendre à se connaître". D'ailleurs, je suis restée bloquée des mois au chapitre 44 et je ne me suis pas pressée pour finir. Sans un joli billet d'Anne, qui m'a redonné l'envie de poursuivre, j'y serais encore !!

 

L'histoire est simplissime. Jugez-en par la 4ème de couverture :

"Désirée se rend régulièrement sur la tombe de son mari qui a eu le mauvais goût de mourir trop jeune. Bibliothécaire de métier, et citadine pragmatique, elle vit dans un appartement tout blanc, très tendance. Au cimetière, elle rencontre le mec de la tombe d'à côté, dont l'apparence l'agace autant que la tombe avec sa stèle tape-à-l'œil. Depuis le décès de sa mère, Benny vit seul à la ferme familiale avec ses vingt-quatre vaches laitières. Il s'en sort comme il peut, de façon assez rustique, et grâce à une bonne dose d'humour et d'autodérision. Chaque fois qu'il la rencontre, il s'énerve contre la "Crevette" qui occupe le banc au cimetière avec lui, avec son bonnet de feutre et son petit carnet de poésie. Rien, a priori, ne rapproche ces deux-là, et pourtant, il suffira d'un sourire qui éclate simultanément sur leurs lèvres, pour qu'ils soient tous deux éblouis. C'est le début d'une histoire d'amour assez cocasse. Ils sont tout le contraire l'un de l'autre. Elle ne sait pas cuisiner, il lit tout au plus un livre par an. Elle veut aller à l'opéra, lui doit traire les vaches. Il traîne avec lui une odeur d'étable, elle vit dans un appartement aseptisé. Mais leur passion amoureuse est sans bornes. Roman d'amour drôle, tendre, à l'humour décapant, Le mec de la tombe d'à côté touche pourtant là où ça fait mal : ce fossé qui sépare les catégories sociales. On ne peut plus contemporain.. "

 

Bref, rien de très original dans cette histoire au dénouement prévisible. 

 

Sauf que Katerina Mazetti écrit dans un style enlevé et plein d'humour, et, tout en sachant placer quelques réflexions fort pertinentes  sur les rapports humains et les sentiments amoureux, raconte avec beaucoup de drôlerie les micro-aventures de ce couple en apparence mal apparié ! Et c'est ce qui constitue l'intérêt majeur de ce roman.

 

Alors, est- ce que je recommande la lecture ? A cette époque de l'année, sans aucun doute, oui ! "Le mec de la tombe d'à côté" sera parfait pour passer un bon moment en vacances ! Mais pas plus, à mon avis...

L'avis, également, de Katell 

 

23 décembre 2007

Jorn Riel : La Maison des Célibataires - 10/18

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Gentil visiteur, tu le sais sans doute, il se déroule en ce moment dans la blogosphère un swap qui déchaine les enthousiasmes : celui qui a trait à la littérature scandinave. J'avoue que, malgré mon envie de participer à un swap moi aussi, je ne m'étais pas décidée car ce type de littérature était trop éloignée de mes envies du moment.

 

Mais à force de lire tous ces billets enthousiastes sur les blogs amis, j'ai commencé à me sentir comme exclue d'une fête. Et voilà que, alors que je cherchais tout à fait autre chose, je tombe sur ce titre de Jorn Riel. Bon, le livre est microscopique (75 pages !), alors je me suis dit que je pouvais bien faire un effort ! 

 

Résumé de l'histoire : 

5 copains, joyeux célibataires et bons à pas grand chose, vivent ensemble dans une maison abandonnée à Sardloq, petit comptoir du sud du Groenland. Leur situation est pour l'instant tranquille, mais ils s'inquiètent qand même : qu'adviendra -il d'eux et de leur belle amitié quand ils seront vieux ? Qui s'occupera d'eux à ce moment ?

C'est alors que l'un d'eux a une idée lumineuse : "il va épouser la plus célèbre veuve de la région, une marâtre aussi réputée pour ses redoutables colères que pour son riche troupeau de moutons. Mais les amis du jeune fiancé ne l'entendent  pas ainsi, et pour le sauver du mariage tout en se ménageant  une confortable retraite, ils vont devoir redoubler d'ingéniosité..."

 

Cet opuscule ne me laissera pas un grand souvenir (d'ailleurs, je l'ai déjà presque totalement oublié...). L'histoire, qui me paraissait amusante dans le résumé de la 4ème de couverture, m'a laissée de glace (je sais, c'est un jeu de mots facile pour une histoire nordique, mais je n'ai pas pu résister !). Le cadre groenlandais ne m'a pas intéressée non plus.  Mais je reconnais que j'ai bien aimé l'écriture et l'humour de Jorn Riel. Je lui donnerais peut-être un jour une autre chance, pour un autre roman...

 

08 octobre 2007

Alison Lurie : La vérité et ses conséquences - Rivages

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Si vous n'avez jamais lu Alison Lurie, surtout ne commencez pas par celui-là ! En effet, ce n'est vraiment pas son meilleur roman. Quelle déception !

4ème de couverture :
"Jane est au jardin lorsqu'elle aperçoit un homme se diriger vers elle. Qui est cet inconnu ? Son propre mari qu'elle ne reconnaît plus. Alan, certes, a changé. Brillant, sportif, et séduisant jusqu'alors, il s'est transformé suite à un accident de volley-ball, en époux morose et plaintif. Après des années d'un mariage heureux, la relation tourne à l'animosité feutrée. Jane supporte difficilement d'être devenue une garde-malade. Alan ne supporte pas mieux d'être un malade gardé. Un couple extrêmement différent entre alors en scène. Delia Delay, écrivain, est invitée en résidence par l'université dans laquelle Jane et Alan travaillent. Elle est célèbre à plus d'un titre : pour son œuvre, sa beauté, ses maux de tête et son égotisme avéré. Henry, son soi-disant mari, l'accompagne... Une existence, aussi paisible soit-elle, n'est jamais à l'abri d'un dérèglement soudain et d'une nouvelle chorégraphie du destin. C'est le propos de cette comédie tendre et désopilante, variation subtile sur l'amour et ses disgrâces, les petits désastres, les attirances imprévues et l'infinie contradiction des sentiments."

Sur un sujet à priori politiquement incorrect — doit-on supporter longtemps que son conjoint soit malade, qui est le prisonnier de l'autre, comment s'installe le désamour — Alison Lurie, cette fois, manque complètement son coup.

Pourtant, le roman commence bien. L'auteur n'est pas très tendre avec le personnage d'Alan, le mari de Jane, qui traîne son martyr tout au long du roman mais qui ne suscite que l'agacement ou le rire. Alison Lurie sait distiller quelques réflexions bien observées, avec un humour assez acerbe, sur la position de chacun des époux face à la maladie qui, petit à petit, dynamite leur couple.Puis entre en scène l'autre couple, celui de Delia, romancière migraineuse et adulée de ses lecteurs, qui n'a rien écrit de très bon depuis longtemps, et de son mari Henry —pas si marié que cela...— qui l'assiste docilement. Évidemment, les "souffrants" vont se comprendre tandis que les "soignants" vont se trouver des points communs...

Tout semble place pour les chassés croisés réjouissants auxquels Lurie nous avait habitués depuis "Liaisons étrangères"...et tout s'évanouit brusquement. A la moitié du livre environ, l'histoire disparaît purement et simplement, les personnages se vident de leur substance, l'intrigue n'avance plus, les situations sont tirées par les cheveux et plus ridicules que comiques... J'ai trop de tendresse pour l'auteur, et de reconnaissance pour les bons moments passés dans ses précédents livres, pour éreinter aujourd'hui cette dernière publication. Mais force m'est de reconnaître que je n'ai pas rencontré la "comédie tendre et désopilante" que me promettait le résumé de couverture. Et je me suis ennuyée.

14 août 2007

Hans-Ulrich Treichel : Le disparu - Folio

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Voici un livre à résonnance psychologique comme je les aime.

4ème de couverture :
" En Allemagne, dans les années cinquante, un enfant de treize ans, dont la famille a fui à la fin de la guerre l'avance des années russes, raconte comment ses parents ont perdu son frère aîné Arnold dans des conditions particulièrement dramatiques. Après l'avoir longtemps cru mort, il apprend de sa mère qu'elle l'avait abandonné, craignant pour sa vie. Au cours des ans, l'enfant disparu obsède de plus en plus la petite famille, et le narrateur jalouse ce frère aîné, devenu un héros. Mais voici que les recherches de la Croix-Rouge mettent parents et enfant sur la piste du mythique Arnold, et pour l'identifier, le narrateur devra se soumettre à une succession de tests génétiques de plus en plus complexes... Portrait ironique et cinglant de la bourgeoisie allemande de l'après-guerre, Le disparu est aussi une variation autour de la parabole du fils prodigue."

A mon sens, c'est aussi le récit poignant d'une enfance injustement gâchée par la culpabilité des parents.

Treichel décrit finement les sentiments de son jeune héros et la relation étouffante qui s'instaure avec sa mère, dévorée de désespoir. J'ai aussi beaucoup aimé le style, très inhabituel, de l'auteur. Il utilise un grand nombre de répétitions, et réussit le tour de force de rendre ainsi palpable le caractère obsédant de l'absence de l'enfant perdu, sans pour autant que la lecture soit lourde et fastidieuse.

18 juin 2007

Daniel Keyes : Des fleurs pour Algernon - J'ai Lu

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J'avais vu deux adaptations cinématographiques tirés de ce grand classique de la science-fiction. L'un était un vieux film américain que j'ai vu quand j'étais petite, l'autre était un téléfilm français plus récent. Et jusqu'à présent, j'avais cru que l'histoire était trop simple pour mériter que je m'intéresse au livre original. Quelle erreur ! Heureusement, je vais pouvoir la réparer dans cette note !

Car "Des fleurs pour Algernon" est un livre épatant, et bien plus intelligent et profond que les films simplificateurs qui en ont été tirés !

L'histoire est très simple : Charlie, jeune homme d'une trentaine d'année, est arriéré mental. Il mène une vie plutôt tranquille, travaille dans une boulangerie où il a des amis (ou du moins, il le croit...). Mais le rêve de Charlie, c'est de devenir intelligent pour que sa mère devienne enfin fière de lui. Aussi, quand l'occasion lui est donnée de tester un traitement révolutionnaire qui a déjà réussi sur une souris (Algernon), il accepte, malgré sa peur, de tenter l'aventure et d'être le premier cobaye humain. Mais pour Charlie comme pour son entourage, le voyage au pays de l'intelligence ne va pas se révèler aussi merveilleux que prévu... Car au fur et à mesure que Charlie approche du génie, son caractère ainsi que les relations qu'il a construit précédemment avec les gens se modifient...

Ce livre a souvent été évoqué dans de nombreux blogs de lecture. Et ce n'est pas étonnant ! Car ce roman aux accents platoniciens (rappelez-vous vos cours de philosophie, l'histoire de la caverne...) relate une extraordinaire aventure humaine. L'auteur explore avec beaucoup de finesse des thèmes variés comme la place de l'intelligence dans la construction de l'identité, de la bienveillance dans la complexité des relations humaines, les conséquences du handicap mental dans la famille, l'expérimentation scientifique et ses dérives possibles, et questionne aussi le sentiment du bonheur et le rapport entre l'intelligence et le coeur.

Ecrit sous la forme d'un journal tenu par Charlie (on suit d'ailleurs avec amusement l'évolution de ses fautes d'orthographe !), le récit est captivant de bout en bout. Bref, j'ai passé un excellent moment avec ce roman jamais mièvre et plein d'humanité ! Et je n'ai pas été la seule : vous pouvez aussi aller voir la critique de Gambadou (voir lien dans ma liste, puisque je ne peux toujours pas insérer de lien à l'intérieur de mes notes...)

Si, comme ce fut le cas pour moi, ce livre poireaute depuis longtemps sur votre pile de lecture, n'hésitez plus, poussez le en tête de liste !

19 janvier 2007

Lionel Shriver : Il faut qu'on parle de Kevin - Belfond

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Le roman présenté aujourd'hui est exceptionnel. Ne vous fiez pas à son titre (qui ne donne pas très envie...), en réalité c'est une bombe.

Extrait de la 4ème de couverture :
"Avec une effrayante lucidité, Lionel Shriver dresse le portrait inoubliable d'une mère confrontée à la monstruosité de son fils. Un sujet d'une brûlante actualité doublé d'une vision au vitriol de l'american dream. (...)

A la veille de ses 16 ans, Kevin Khatchadourian a tué sept de ses camarades de lycée, un employé de la cafétéria et un professeur. Dans des lettres adressées au père dont elle est séparée, Eva, sa mère, retrace l'itinéraire meurtrier de Kevin.

Elle se souvient qu'elle a eu du mal à sacrifier sa brillante carrière pour devenir mère. Qu'elle ne s'est jamais faite aux contraintes de la maternité. Que dès la naissance elle s'est heurtée à un enfant difficile. Que l'arrivée de Celia, petite soeur fragile et affectueuse, n'a fait que creuser le fossé entre mère et fils. Qu'elle aura passé des années à scruter les agissements de son fils sans voir que son ambivalence envers lui n'avait d'égale que la cruauté et la malveillance du rejeton. Et quand le pire survient, Eva veut comprendre : qu'est-ce qui a poussé Kevin a commettre ce massacre ? Et qu'elle est sa propre part de responsabilité ?"

L'histoire est inspirée de la tristement célèbre tuerie de Colombine. Il ne s'agit pas d'un témoignage réel mais bien d'une oeuvre de fiction, au demeurant magistrale.

Dans ses lettres, Eva raconte avec ironie et causticité. Elle se souvient qu'elle adorait sa vie avant la maternité. En fait, c'est surtout par crainte d'être quittée par son mari, dont elle est très amoureuse, qu'elle accepte de faire un enfant. Aussi, battante et volontaire de nature, elle se lance dans la maternité comme on relève un défi.

Dès le début de l'expérience, elle se retrouve en complet décalage avec tous les propos merveilleux qu'on lui a toujours tenu sur le fait de devenir mère. D'abord, elle ne ressent pas ce qu'on lui avait pourtant assuré qu'elle devrait ressentir. Sans qu'elle comprenne pourquoi, son enfant ne lui inspire que de l'indifférence, puis de la déception, puis de la méfiance...

Eva n'a pourtant rien d'une mère maltraitante tel qu'on le conçoit d'ordinaire. Au contraire, elle se donne énormément de mal pour assurer le bien être de son fils. Le problème majeur, c'est qu'elle se force tout le temps. Or, pour ne pas arranger les choses, elle a en face d'elle un bébé difficile, qui se révèlera très tôt un enfant particulièrement déplaisant .

Kevin, en effet, coincé dans un lien haineux avec sa mère, qui ne parvient pas à lui donner autre chose que l'apparence de l'amour, et un père, grand lecteur de théories psy pour éduquer les enfants, qui ne lui impose presque aucune limites pour être un "papa copain", va déployer un génie impressionnant pour inventer toutes sortes de malveillances aux conséquences de plus en plus graves.

Je vais faire simple : c'est de loin le livre le plus puissant que j'aie lu depuis longtemps.

Lionel Shriver (qui, comme son nom ne l'indique pas, est une femme) a une acuité psychologique rare, et dissèque les sentiments et motivations des différents protagonistes avec beaucoup de subtilité et d'intelligence. Le trait peut sembler parfois forcé, dans la peinture du personnage de Kevin notamment, mais l'auteure joue toujours avec un grand talent sur l'ambiguité des comportements. L'histoire est captivante et maintient le lecteur sous pression aussi bien (mieux, à mon avis !) qu'un roman policier (non, tout n'est pas révélé dans le résumé !) . Au passage, elle s'interroge avec pertinence sur l'ambition, la famille, et la culture américaine qui favorise l'émergence d'adolescents meurtriers. Son roman est provocant et sans complaisance, et ne plaira sans doute pas à tout le monde.

Ma seule petite réserve : j'ai moyennement aimé le style (est-ce dû à la traduction ?) car j'ai souvent trouvé les phrases longues et lourdes, formant des paragraphes trop compacts. Heureusement, cela ne suffit pas à gâcher la lecture de ce roman hallucinant !

22 août 2006

William Sutcliffe : Sous influence - Ed. Denoël & d'Ailleurs

Décidément, William Sutcliffe a beaucoup de talent.
Et comme j'aimerais avoir celui de Cécile, qui fête sa 100ème note, pour traduire tout mon enthousiasme au sujet de son nouveau roman !

Le sujet : Ben et Olly, 10 ans, sont voisins et amis depuis toujours. Ils vont à l'école ensemble, jouent ensemble, apprennent le monde ensemble...Une belle enfance, avec ses problèmes et ses joies. Tout bascule cependant quand Carl, un gamin de leur âge, vient s'installer dans leur rue. Ben, avec la candeur des enfants, se montre intéressé par l'arrivée du nouveau venu dans lequel il imagine un compagnon de jeux potentiel. Mais très vite, Carl va se révèler particulièrement nuisible et dangereux, voire pervers et manipulateur. Ses jeux cruels et ses déloyautés rongent insidieusement l'amitié — pourtant solide, jusqu'alors — de Ben et Olly.
Chacun de leur côté, les deux amis tentent de résister, tout en étant irrémédiablement attirés. Pour le pire.

William Sutcliffe dépeint avec une grande justesse (et son humour habituel) les préoccupations du monde de l'enfance, sur lesquelles se bâtissent les personnalités, mais surtout, il se livre à une réflexion aiguë, dure, sans concession mais passionnante, sur la perte de l'innocence et la cruauté des enfants.

On suit l'intrigue avec passion, en assistant avec inquiétude à la montée en puissance de la violence entre les protagonistes jusqu'au dénouement, loin d'un happy end. C'est intelligent et finement analysé. Bref, j'ai adoré !

21 mai 2006

Alison Lurie : Liaisons étrangères - Rivages poche

Vinnie Miner et Fred turner, professeurs d'un collège en Nouvelle-Angleterre, tous deux fervents anglophiles, partent en congé d'études à Londres. Un rêve pour ces anglicistes américains qui espèrent beaucoup de leur séjour loin de la "barbarie" américaine !

Vinnie, femme laide d'un certain âge, spécialiste de littérature enfantine qui déteste les enfants, se retrouve flanquée d'un ingénieur inculte venu de l'Amérique profonde, tandis que Fred, jeune et très beau, fait également des rencontres surprenantes.

"Le bonheur de lecture vient du fait que Aison Lurie décrit avec intelligence et humour l'ambiguïté des attitudes américianes vis-à-vis de l'Angleterre. Connivence feinte, hypocrisie, fascination réciproque ou rejet mutuel, complexe d'infériorité ou de supériorité. Tous ces sentiments conflictuels ne cessent de se croiser et font de ce livre réjouissant le plus anglais des romans américains." (Extrait de la 4ème de couverture)

J'adore Alison Lurie, et je suis un peu étonnée de ne pas la trouver plus souvent citée dans les blogs littéraires. Parce qu'elle est formidable ! Si vous ne la connaissez pas, précipitez-vous ! Ses livres sont très drôles, intelligents, pleins d'humour (et parfois, d'une causticité réjouissante !), parfaitement écrits... La psychologie des personnages est toujours juste et subtile.

J'aime (presque) tous les livres d'Alison Lurie. Je choisis aujourd'hui de mettre en avant "Liaisons étrangères" car il reste mon préféré, celui que j'ai offert le plus souvent (avec succès !) et que je conseille pour commencer avec Lurie quand on ne la connaît pas. Mais je viendrai sûrement vous parler bientôt de son dernier roman, paru en avril 2006, que je viens de commencer, et que je ne peux déjà plus lâcher !