04 juillet 2006

Jacques Sternberg : Contes griffus - Denoêl

Ces contes là n'ont rien de contes de fées !

Et Sternberg est un auteur vraiment insolite. Certains critiques l'ont rapproché de Kafka, Buzzati ou Ionesco. Je trouve que ce sont des parentés qui lui vont plutôt bien, même si l'univers de Sternberg reste personnel et particulier.

Ses contes ultra-brefs, qui vont de quelques lignes à 3 pages environ, restituent des histoires parfaitement conclues, qui font la part belle à l'humour noir, la poésie, l'absurde, la désespérance, l'horrible parfois...

Malgré ses thèmes souvent noirs, j'ai beaucoup aimé cet ouvrage étonnant à bien des égards.

Extraits :

LES REFUS

Il avait écrit une trentaine de romans que tous les éditeurs refusèrent, comme d'autres éditeurs refusèrent ses cinq essais, ses quatre pièces de théâtre et ses quelques recueils de poésie.
Une semaine avant de mourir à 88 ans, il écrivit son dernier texte : un testament vengeur de dangereux psychopathe.
Il fut également refusé. Par le notaire, cette fois.


LE MIRACLE

La famille très pieuse venait de terminer le poulet du dimanche quand la fille cadette s'étrangla avec un os et mourut étouffée sur le coup. Alors Dieu, assailli de prières, se fendit d'un petit miracle et, le temps d'y croire, il ressuscita le poulet.

00:55 Publié dans HUMOUR NOIR | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note