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02 novembre 2006
Faïza Guène : Du rêve pour les oufs - Hachette Littératures
Alhème (joli prénom féminin qui signifie "rêve" en arabe), 24 ans, vit en banlieue parisienne, à Ivry. Elle galère dans des petits boulots mal payés et s'occupe de sa famille, à savoir son père, ancien ouvrier du bâtiment qui a perdu la tête à la suite d'un grave accident de travail, et son petit frère Foued, 15 ans, qu'elle élève depuis l'assassinat de leur mère en Algérie, et qui vit une adolescence compliquée.
Ahlème a également une voisine africaine épatante, qui a toujours la petite phrase philosophique qu'il faut ("la planche de bois peut rester cent ans dans le fleuve, elle ne sera jamais un caïman"...), des copines qui semblent se débrouiller mieux qu'elle en amour, et un coeur partagé entre son enfance algérienne heureuse et sa vie d'adulte en France.
Ça ressemble assez à "Kiffe kiffe demain". C'est plein de défauts, de clichés, on a l'impression parfois de lire un catalogue de tout ce qu'on entend aux actualités (jeunes des cités, problèmes des banlieues, problèmes d'emploi des jeunes, racisme, sans papier renvoyés brutalement dans leurs pays, question des racines identitaires, etc...) mais Faïza Guène raconte tout cela avec tellement d'humour et d'ironie qu'on ne peut pas s'empêcher de la suivre ! J'ai trouvé la narration parfois trop adolescente à mon goût, mais j'ai quand même passé un agréable moment avec ce roman plein de drôlerie.
Extrait :
"(...) Je remarque un jeune couple qur ma droite. Ils sont bien habillés et sentent le parfum. Le type a une noisette de gel dans les cheveux et la fille, un trait de crayon sur les yeux. Ils sont dans une osmose difficile à décrire. Ça me frappe comme ils s'aiment, ils se regardent jusqu'au fond de la rétine, et à les voir comme ça, je parierais qu'ils pourraient le faire des heures durant. Ils se touchent un peu, discrètement, ils se sourient. Alors, il se met à l'embrasser dans le cou et la fille gigote comme un poulet, ça a l'air de lui procurer de bonnes sensations. Le mec plonge dans sa gorge de plus belle, avec un air de babouin orphelin. On croirait assister à un documentaire animalier."
01:00 Publié dans ROMANS FRANCAIS | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note



